À ceux (ou celles) qui poseraient (ENCORE !)
des questions sur la NON-mixité
Typologie des questionnées
D’abord vous dire que nous sommes fatiguées.
Quarante (40) ans après la naissance du MLF, avoir (encore et encore) à expliquer l’évidence – notre indépendance, notre droit de réunion et d’expression –, est en effet vraiment fatigant.
La mixité pour nous, c’est perdre notre temps à faire de la pédagogie (encore et encore ?) auprès des messieurs-je-suis-partout, hétéros ou homos, qui ne se résolvent pas à devenir tout simplement relatifs, qui ne veulent pas – humains trop humains ? – renoncer à leur domination.
En revanche, réaffirmer (encore et encore) que la non-mixité relève du PLAISIR reste un plaisir.
Pourquoi voudriez-vous que nous recherchions la compagnie de personnes qui ne nous donnent PAS de plaisir ? Et nous ne parlons évidemment pas de plaisir sexuel.
Enfin, redire que notre rapport d’adresse est d’abord les femmes et les lesbiennes est un devoir de mémoire ! Aussi, quand nous arrive une demande d’un ou d’une affilié-e à la domination androsociale (andros = homme, hétéro ou homo) sur le pourquoi de notre non-mixité politique, notre réaction est, dans l’ordre :
1) Pfffff (ennui affligé),
2) Encooore ? (grosse fatigue, voir plus haut).
Typologie des questionneurs ou affiliées
Comprenez que l’intérêt des questionneurs pour les (choix des) lesbiennes en non-mixité politique nous paraît a priori suspect et à traiter avec des pincettes. Votre « Mais qu’est-ce que vous voulez ? » est une question de dominant ou d’affilié.e à la domination (hétéro- ou homosociale). Le sous-texte de cette question est : « Mais enfin POURQUOI vous ne voulez pas de nous ? »
Nous avons justement à Toulouse un cas d’école : Daniel Welzer-Lang. Si vous n’en avez pas entendu parler : anef.org/actualites.php.
Ainsi notre méfiance pour les questionneurs patriarches ou fratriarches est une défiance historique et politique et réciproquement.
Elle se double d’un profond inintérêt pour ce que pensent les hommes dont nous n’attendons a priori rien de nouveau dans la volonté de transformation des rapports entre hommes et femmes. Et c’est dans l’ordre des choses : SEULES les femmes et les lesbiennes ont INTÉRÊT au changement.
Nous ne croyons donc en ce domaine qu’aux rapports de force : plus les femmes et les lesbiennes seront fortes d’elles-mêmes, moins les hommes pourront imposer leur loi/discours/imaginaire, etc.
Or pour rester fortes, il ne faut pas se surmener (cf. pédagogie – s’époumoner dans la).
CQFD.
C’est pourquoi, afin de ne plus avoir à nous fatiguer à répondre (cf. Pffff… Encoooore ?), nous renverrons désormais les questionneurs.neuses à ce court exposé, écrit assez vite, sans trop d'effort et même avec plaisir.
Bagdamiennement non vôtre.