
Taslima Nasreen, invitée de Bagdam Espace lesbien, novembre
2004, Toulouse.
www.taslimanasrin.com
Taslima
Nasreen a reçu le 9 janvier 2008 le premier prix Simone-de-Beauvoir
pour la liberté des femmes avec Ayaan Hirsi Ali.
Mercredi 19 mars 2008
La romancière Taslima Nasreen quitte l'Inde pour l'Europe
New Delhi
La romancière bangladaise Taslima Nasreen a quitté l'Inde pour l'Europe, après avoir été contrainte de se cacher en raison de menaces de mort proférées par des militants islamistes, a annoncé mercredi à l'AFP son éditeur.
«Taslima Nasreen a quitté New Delhi en avion cet après-midi pour suivre un traitement médical en Europe», a précisé l'éditeur Sibani Mukherjee qui, à la demande de la romancière, a refusé de préciser sa destination.
Des amis de la romancière ont confirmé son départ à l'AFP et des chaînes de télévision indiennes ont affirmé qu'elle se dirigeait vers le Canada.
Mme Nasreen avait été contrainte de fuir son pays en 1994 après avoir été accusée de blasphème par des musulmans radicaux après la publication de son roman Lajja (La honte), dans lequel elle décrit la vie d'une famille hindoue persécutée par les musulmans au Bangladesh où ils sont majoritaires. En 2002, elle avait été condamnée à un an de prison par le Bangladesh.
Après plusieurs années d'exil entre l'Europe et les États-Unis, cette gynécologue de formation aux idées proches de l'auteur indien Salman Rushdie, s'était installée en Inde en 2004. Elle avait demandé un permis de séjour mais les autorités, inquiètes d'une réaction hostile des 140 millions de musulmans indiens, ne lui accordaient que des visas de six mois.
En novembre dernier, la romancière avait quitté précipitamment Calcutta - ville proche de la frontière bangladaise où elle avait élu domicile - après avoir reçu des menaces de mort d'extrémistes musulmans. Elle vivait depuis sous la protection des autorités dans un lieu tenu secret à New Delhi.
Le gouvernement indien n'a pas immédiatement commenté le départ de Mme Nasreen qui dispose d'un passeport suédois.
Mardi dernier, la romancière avait déclaré à l'AFP qu'elle comptait se rendre en France ou au Danemark pour se faire soigner pour de l'hypertension qui affecte sa vue et ses fonctions cardiaques.
«Je vis comme un oiseau en cage. Je suis devenue très faible, j'ai peur de devenir aveugle si je ne pars pas d'ici», avait-elle confié, estimant vivre comme «assignée à résidence» sous le contrôle permanent des services secrets, sans possibilité de voir ses amis ou de recevoir la visite d'un médecin. Dans un communiqué, elle accusait l'Inde de «faire constamment pression sur elle psychologiquement pour l'obliger à quitter le pays».
Le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata a accusé le gouvernement dominé par le parti du Congrès de pousser la romancière à partir pour ne pas s'aliéner le soutien des musulmans un an avant des élections nationales.
En février, des extrémistes musulmans avaient protesté contre la décision prise par l'Inde de prolonger son visa. En août 2007, un dirigeant religieux avait proposé «une récompense illimitée» à toute personne qui la tuerait.
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18 mars 2008
Taslima Nasreen songe à quitter l'Inde
source : Prochoix,
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/03/18/1961
Ils ont tout fait pour se débarrasser d'elle. Face aux menaces et aux émeutes des fanatiques, les autorités indiennes trouvent Taslima Nasreen bien embarrassante. On ne peut pas la laisser se faire tuer, tout de même, mais on peut lui faire passer le goût de vivre en Inde, la contraindre à des mesures de sécurité comparables à une prison, jusqu'à ce que sa santé se détériore. En février, elle a dû être hospitalisée à New Delhi à la suite d'une chute de tension consécutive à une prise excessive de médicaments destinés à maîtriser son hypertension.
Exfiltrée de son domicile, elle vit depuis quatre mois dans une maison de sécurité à New-Delhi, où elle dispose d'un téléphone et d'un ordinateur mais ne peut recevoir aucune visite. Déprimée, isolée et malade, elle annonce qu'elle va quitter l'Inde pour tenter de ne pas finir par en crever. Les intégristes peuvent se réjouir. Eux qui ne lui ont laissé aucun répit depuis 1994. Elle a bien payé, bien souffert. Ce ne sont pas eux - les assassins, les fanatiques - qu'on a punis mais elle. Elle et tous les esprits libres qui n'oseront plus parler si les gouvernements ne réfléchissent pas à une autre façon de protéger leur liberté de parole et de mouvement.
Et pendant ce temps, Ayaan Hirsi Ali compte toujours le nombre d'heures où elle peut sortir en toute sécurité. Le groupe parlementaire européen de droite n'a toujours pas signé la question écrite demandant à l'Union européenne de financer sa protection. Le vice-président de l'Union cherche une solution "technique". Et Nicolas Sarkozy a assuré le premier ministre néerlandais de son soutien dans son combat contre... les "amalgames" envers l'Islam. On espère qu'il tiendra sa promesse lors de la présidence française de l'Union. Car la création d'un fonds communautaire pour financer la protection des personnes menacées en raison de leurs opinions n'a jamais été aussi urgente.
Caroline Fourest
Dimanche 16 mars 2008
Un appel de Taslima Nasreen : I need to escape from the death chamber
(Je dois échapper à la chambre de mort)
I used to call this the torture chamber. I gradually came to realize that it was the chamber of death instead. I was not even allowed to stay in hospital for long though the doctors felt it was necessary in order to stabilize my blood pressure. But then, orders are orders and the government did not want to be inconvenienced by me in any way whatsoever. The government did not want the media to know I had been hospitalized. I did not have my mobile phone with me and the doctors at the government's hospital ¡VAIIMS ¡V were instructed to discharge me after a certain period of time. Curiously though, the decision was not left to the doctors as to what this certain period of time was to be. The last time I was admitted to this hospital a few weeks ago I was suddenly discharged as a result of governmental pressure. I am sure this was linked to a report in the Times of India which stated I had been hospitalized.
At this undisclosed location I am neither allowed to go to a doctor for consultation nor is one allowed to come to me. I suffer from severely fluctuating blood pressure and the strange thing is that I was not even allowed to speak to any of the doctors at the hospital over the telephone. Even after repeated requests I was not given a single phone number. When I was in hospital, I asked the doctors if I could call them if necessary but they said that they were not allowed to hand out their numbers. I had to make inquiries through officials to get even the simplest of answers from these doctors. I have suffered tremendously both physically and mentally. My blood pressure is now impossible to control. The doctors say it is due to stress which I must avoid at all costs. How can I not be stressed when everything is continuously stressing me out? I am brought to this place and incarcerated like some animal; my human rights constantly and continually violated. I am not allowed to step out or meet anyone. How can I not be stressed? I received the extension of my resident's permit, but the status quo continued.
Because of stress-related high blood pressure, I develop heart disease ( hypertrophy), and hypertensive retinopathy, which will make me blind. as you may know uncontrolled blood pressure destroy heart, kidney and eyes.you should know that my blood pressure was always controlled before, all the organs of my body were healthy.
After coming back from the hospital, I wanted to leave this country as soon as possible, because it is not possible to live in this prison without stress. I requested the govt.officials that I need to collect my important documents from my home in kolkata, and secure my property, but they are not allowing me to go to kolkata for 'SECURITY REASONS', not even for a few hours.
THEY FINALLY DID IT
Even though they constantly pressured me mentally to leave the country, I refused to budge. I was determined I would not leave this country. When they saw it was pointless trying to destroy my mind, they attempted to destroy my body. In this they succeeded by ruining my health which leaves me with no other alternative but to leave this country.
I WAS NOT ALLOWED TO SEE ANY DOCTOR FOR 'SECURITY REASONS'.
It is important that all this be known. I made repeated requests to be allowed to consult a medical specialist as my condition was growing worse with the ever increasing stress I had to face in this not-so-gilded cage. I was not allowed to see a doctor for more than two months. The decision makers asked the officials not to attend to me especially when I desperately needed a doctor. Two months after my initial request, I was eventually taken to a quack to an undisclosed third location who could, unsurprisingly, do nothing at all. I insisted that I had to see a cardiologist or at least a specialist. I was then told that this would entail a visit to the doctor's chamber. I agreed to go but was told that I would not be allowed to go to a doctor's chamber because of the 'security risks' involved. I fell very ill and told the officials I was likely to have a heart attack. After a few days, at the same undisclosed location, I was allowed to see a doctor from the AIIMS who prescribed some medicines after taking which I fainted. The same night I was admitted to hospital where my blood pressure fell alarmingly and had to be given life-saving-drugs to survive. The doctors told me that I needed to spend two or three weeks in hospital but the officials whisked me away from the critical care unit after just three days and took me directly to meet the Minister for External Affairs. The Minister asked me to leave the country the shock of which made my blood pressure shoot up to 220/120. I was rushed to the hospital but the doctors were instructed by the officials not to admit me for 'security reasons'. In my not-so-gilded cage, I had no help at all.
Background
It has been nearly eight months that I have been living under virtual house arrest, in a prison without any facilities. I have been asked continuously by the government to leave this country. Naturally, this has upset me a great deal as I left Europe to relocate to India; to make India my permanent home. I settled in Kolkata where I was living peacefully in a Bengali milieu. I was very active helping oppressed women and writing feminist and humanist literature. Just because a few Muslim fundamentalists objected to my being in this country, I was first imprisoned in Kolkata and then moved to Delhi. In order for the politicians to secure their Muslim vote bank, I had to be locked up and, as a consequence, my health was irreparably destroyed.
Important:
I was not allowed to see a doctor even when my blood pressure was fluctuating uncontrollably because of the stress put on me by the GoI. I was not allowed to see a specialist for 'security reasons'. I was not allowed to stay in hospital for 'security reasons'. When it was made clear that I must avoid stress and stressful situations, I was taken from the CCU (cardiac care unit) to meet the Minister for External Affairs who put great mental pressure on me to leave the country. I am not being allowed to go to Kolkata before I leave the country to pack some important things and secure my house.I was not allowed to step out for eight monthsI was not allowed visiting hours at my place of confinement I was not allowed to meet my friends and acquaintances
***
«
Je ne suis plus qu'une voix désincarnée »
Traquée par les fondamentalistes islamistes en Inde,
l'auteure bengalie témoigne de l'étendue de son abandon
Le Monde, 12 janvier 2008
Où
suis-je ? Je suis sûre que personne ne me croira si je dis que
je n'ai pas de réponse à cette question qui paraît
simple, mais la vérité est que je n'en ai pas. Je suis
comme les morts-vivants : engourdie, privée des plaisirs de
l'existence et de l'expérience, dans l'incapacité de
sortir des limites étouffantes de ma chambre. Oui, c'est ainsi
que je survis.
Ce cauchemar n'a pas commencé lorsque j'ai été
embarquée sans ménagement de Calcutta - il dure depuis
un moment déjà. C'est une sorte de mort lente et lancinante,
comme si je buvais à petites gorgées une coupe remplie
d'un poison à effet lent qui détruit peu à peu
toutes mes facultés. C'est une conspiration en vue d'assassiner
mon être même, autrefois si courageux, si dynamique et
si enjoué. Je ne suis plus qu'une voix désincarnée.
Ceux qui me soutenaient par le passé ont disparu dans les ténèbres.
Je me demande : quel crime odieux ai-je commis ? Quel genre de vie
est-ce quand je ne peux ni sortir de chez moi ni connaître les
joies de la compagnie des autres êtres humains ? Quel crime
ai-je donc commis pour être obligée de passer ma vie
cachée, reléguée dans l'obscurité ? Je
me sers des mots, et non pas de la violence, pour exprimer mes idées.
Jamais je n'ai jeté de pierres ni n'ai versé le sang
pour faire part de mon avis. Pourtant, on me considère comme
une criminelle. Je suis persécutée parce que l'on a
estimé que le droit des autres à donner leur opinion
était plus légitime que le mien.
L'Inde réalise-t-elle l'immense souffrance que l'on éprouve
quand on doit renoncer à ses convictions les plus chères
? A quel point il a fallu que je me sente humiliée, effrayée
et anxieuse pour laisser mes mots être censurés ? Si
je n'avais pas accepté que mes écrits aient été
expurgés de façon grotesque par ceux qui y tenaient
tant, j'aurais été traquée et poursuivie jusqu'à
ce que je tombe raide morte. Leur politique, leur foi, leur barbarie
et leurs intentions diaboliques ont pour but d'aspirer mes forces
vitales, les vérités que j'écris sont trop difficiles
pour eux à digérer. Comment puis-je - moi qui n'ai aucun
pouvoir et aucune protection - combattre la force brute ? Toutefois,
quoi qu'il advienne, je ne me résignerai pas au mensonge.
Qu'ai-je à offrir hormis l'amour et la compassion ? Je suis
assez réaliste pour savoir que le conflit, la haine, la cruauté
et la barbarie font partie intégrante de la condition humaine.
Si je venais à être éliminée ou exterminée,
le monde s'en ficherait comme d'une guigne. Tout cela, je le sais.
Pourtant, j'avais imaginé que le Bengale serait différent.
J'avais cru que jamais le Bengale que j'aime avec tant de passion
ne m'abandonnerait. Il l'a fait.
Exilée du Bangladesh, durant des années j'ai erré
de par le monde comme une orpheline perdue. Quand le Bengale occidental
m'a offert l'asile, j'ai eu le sentiment que toutes ces années
de fatigue et d'hébétude étaient derrière
moi. J'étais en mesure de reprendre une vie normale dans un
pays aimé et familier. Tant que je survivrai, je porterai en
moi les paysages du Bengale, son soleil, sa terre humide, son essence
même. Ce même Bengale qui a été un sanctuaire
que j'ai rejoint après avoir parcouru des kilomètres
entachés de sang vient de me tourner le dos. Je suis bengalie,
à l'intérieur comme à l'extérieur ; je
vis, je respire, je rêve en bengali. Que l'on ne veuille plus
de moi au Bengale m'est difficile à croire.
Dans ce pays où je suis une invitée, je dois prendre
garde à ce que je dis, ne rien faire qui enfreigne le code
de l'hospitalité. Je ne suis pas venue ici dans l'intention
de blesser les sentiments de qui que ce soit. Meurtrie et blessée
dans mon propre pays, j'ai enduré des affronts et des blessures
dans bien d'autres endroits avant d'arriver en Inde, où je
savais que j'en endurerais de nouveau. Car il s'agit d'un pays démocratique
et laïque, où le système électoral implique
que la voix d'un laïc équivaut à celle d'un fondamentaliste
islamiste. Je me refuse à le croire. Je refuse de l'entendre.
Pourtant, partout autour de moi, j'en lis, entends et vois la preuve.
Je voudrais parfois être comme ces singes mythiques, indifférente
au mal qui m'entoure. La mort qui désormais me rend visite
sous des formes multiples m'apparaît comme une amie. J'ai envie
de lui parler, de me confier à elle. Je n'ai personne d'autre
à qui parler, personne d'autre à qui me confier.
J'ai perdu mon Bengale tant aimé. Aucun enfant arraché
au sein de sa mère n'a souffert autant que j'ai souffert de
cette douloureuse séparation. Encore une fois, j'ai perdu la
mère dans le ventre de laquelle je suis née. La douleur
n'est pas moindre que celle qui a été la mienne le jour
où j'ai perdu ma mère biologique. Après m'être
installée à Calcutta, j'ai pu dire à ma mère
- qui n'était alors plus qu'un souvenir en moi - qu'enfin j'étais
rentrée. Quelle importance que je sois d'un côté
ou de l'autre d'une frontière artificielle ? Aujourd'hui, je
n'ai pas le coeur de dire à ma mère que j'ai été
expulsée sans cérémonie par ceux-là mêmes
qui m'avaient offert l'asile, que ma vie actuelle est celle d'une
nomade. Du coup, j'ai fini par me convaincre que j'avais dû
transgresser quelque chose, commettre quelque grave erreur. Oser dire
la vérité est-il un péché si épouvantable
dans cette époque de mensonge et de tromperie ? Est-ce parce
que je suis une femme ?
Je sais que je n'ai pas été condamnée par le
peuple. Si on lui avait demandé son avis, je suis certaine
que la majorité aurait voulu que je reste au Bengale. Mais
depuis quand une démocratie reflète-t-elle la voix des
masses ? Une démocratie est dirigée par ceux qui tiennent
les rênes du pouvoir qui agissent comme bon leur semble. Individu
insignifiant que je suis, je dois maintenant vivre ma vie selon mes
propres termes et écrire sur ce que je crois et qui me tient
à coeur. Je n'ai aucun désir de faire du mal, de calomnier
ou de tromper. Je ne mens pas. J'essaie de ne pas être insultante.
Je ne suis qu'un simple écrivain qui ne connaît ni ne
comprend rien à la dynamique politique. La force du fondamentalisme,
à laquelle je me suis opposée et que j'ai combattue
pendant des années, n'a été que renforcée
par ma défaite.
Voici mon Inde tant aimée, où j'ai vécu et ai
écrit sur l'humanisme laïque, les droits de l'homme et
l'émancipation des femmes. C'est aussi le pays où j'ai
dû souffrir et payer au prix fort mes convictions les plus profondes,
où pas un seul parti politique de quelque obédience
que ce soit n'a pris la parole en ma faveur, où aucune ONG
ni aucun groupe défendant les droits des femmes ou les droits
de l'homme ne m'a soutenue, ni n'a condamné les attaques malveillantes
lancées à mon encontre. Cette Inde-là, je ne
l'avais encore jamais connue. Il est vrai que des individus, de manière
dispersée et non organisée, se battent pour ma cause,
et que des journalistes, des écrivains et des intellectuels
se sont exprimés en ma faveur, même s'ils n'ont jamais
lu une ligne de ce que j'ai écrit. Je leur suis reconnaissante
de donner leur opinion et de me témoigner leur soutien.
Partout où des individus se rassemblent en groupes, ils semblent
perdre leur pouvoir de parler. Pour être franche, cette facette
de la nouvelle Inde me terrifie. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai
considéré l'Inde comme un grand pays, une nation pleine
d'audace. Le pays de mes rêves : éclairé, fort,
progressiste et tolérant. J'ignore si je survivrai, mais l'Inde
et ce qu'elle représente doit à tout prix survivre.
Traduit de l'anglais par Pascale Haas
Taslima Nasreen
Une infos de Courrier International du 24 janvier 2008
INDE • Taslima Nasreen privée de prix
Taslima Nasreen se faisait une joie de recevoir des mains
de Nicolas Sarkozy le 1er prix Simone de Beauvoir « pour
la liberté des femmes" ». Un prix
créé à l'occasion du centenaire de
la naissance de l'auteur du Deuxième Sexe
et attribué le 9 janvier dernier à l'écrivaine
bangladaise, conjointement avec la femme politique néerlandaise
Ayaan Hirsi Ali. La cérémonie devait avoir
lieu dans la capitale indienne à l'occasion de la
visite d'Etat que le président français entame
le 25 janvier prochain.
Une cérémonie qui n'aura pas lieu, explique
le Deccan Chronicle dans son édition du 24 janvier.
Taslima Nasreen vit en effet au secret à New Delhi
depuis la fin du mois de novembre 2007. Le 21 du même
mois, le renouvellement de son visa de réfugiée
politique avait rendu furieuse une partie de la communauté
musulmane de Calcutta, où elle vivait alors. Une
contestation qui s'était soldée par des affrontements,
voire des émeutes. L'écrivaine avait alors
été « exfiltrée »
de la ville.
Ce sont les autorités indiennes qui ont demandé
à l'écrivaine de ne pas participer à
une cérémonie publique, impliquant de surcroît
un hôte étranger. Quant à son visa,
Taslima Nasreen vient d'apprendre qu'il lui était
renouvelé pour une période de six mois à
compter du 17 février prochain.
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