 |
...Disent-ils
Recueil
Michèle Causse, Danielle Charest,
Jacqueline Julien, Michèle Larrouy, Françoise
Leclère
Avant-propos Nicole-Claude Mathieu
AHLA publications/Bagdam édition
Toulouse, avril 2006
En vente (13 €) ou à commander
C/° Violette & C°, Paris
|
Clair/Voyances
lesbiennes
Les Voyantes de ce recueil nous montrent clairement le présent
de la relation – pensée, fantasmée et mise
en actes – des hommes aux femmes dans sa crudité
nue et sa turpitude, et en tout lieu : discours ordinaire, littérature,
peinture, paroles, mots et actes. Viols figurés et réalisés,
femmes bestiales ou éthérées, trop existantes
ou non existantes, sur-figurées, non figurées,
défigurées.
Ainsi…disent-ils.
Nicole-Claude Mathieu |
…Disent-ils
Présentation par Michèle Causse
“ Peut-on encore être inacceptable aujourd'hui?
”, telle fut la question désabusée de l'homme
Baudrillard à l'université de Montréal
un jour des années 80. Cette phrase me foudraya... Un
homme (bien sûr) dans une aula magna à lui toute
dévouée disait que “ tout peut désormais
se dire et se faire ” dans le champ symbolique confisqué,
sans causer le moindre scandale. Et pour cause ! Je ressentis
alors comme la pire des provocations cette question obscène
d'un intellectuel nanti. Elle se grava à tout jamais
en moi, jusqu'à ce jour d'hui où je réponds
à l'exigence imprescriptible de DEFENDRE cet “
inacceptable ” qu'aucun homme jamais n'accepte : entendre
de la voix de l'autre (avec un petit a) les faits et méfaits
dont il se rend quotidiennement coupable, l'obliger à
lire (dans ce style “ strident ” si vite reproché
à qui dénonce le forfait, y compris à la
chère V.Woolf) la somme des dégâts que le
phallus nexus du socius impose non seulement à plus de
la moitié de l'humanité mais à l'humain
tout entier réduit à l'humanalité.
Cinq indignées lucides, cinq voix, cinq styles, découpent
au scalpel les connexions neuronales de “ l' ennemi principal
” et montrent comment il use et abuse de sa rente de situation
dans la vie, dans l'art, dans l'enseignement, dans l'écriture.
Cinq voix qu'il faut lire une à une, en faisant une pause
entre chaque acte d'accusation tant il est rare – voire
unique – de lire dans un même volume les figures
de l'abjection, de la violence, telle qu'elles se présentent
à tout moment sans choquer personne, pas même celles
qui en pâtissent, bien trop effrayées de reconnaitre
ce que nul(le) ne veut savoir “ les hommes haïssent
les femmes ” (à quelque exception près,
connue et rebattue). Ici, celles qu'on nommera erynnies ou folles
(honneur qui échut à Valérie Solanas) osent
dire ce qu'il en est d'un âge où la Sapiens n'a
pas encore commencé : elles osent être l'honneur
de leur sexe (sic). Fierté qui sera bientôt le
lot de toutes, jusqu'ici privées de voix. |
|